FIPU – Reconversion : bilan d’une première année réussie en matière de prévention de l’usure au travail
Prévenir l’usure professionnelle avant qu’il ne soit trop tard
Le Fonds d’Investissement dans la Prévention de l’Usure Professionnelle (FIPU) permet à des salariés exposés à des risques ergonomiques (port de charges, gestes répétitifs, postures contraignantes ou horaires décalés) de préparer un changement de métier avant que leur situation ne compromette durablement leur maintien dans l’emploi.
Dans un contexte marqué par l’allongement des carrières, le dispositif répond à un enjeu majeur : agir en amont plutôt que lorsque les difficultés de santé sont déjà installées.
Pour assurer sa mise en œuvre, le réseau des 18 associations Transitions Pro, coordonné par Certif Pro, accompagne les salariés sur l’ensemble du territoire via le financement de leur Projet de Transitions Professionnelle (PTP) financé via des fonds spécifiques. Les projets financés sont au préalable examinés en commissions paritaires avec une analyse de l’exposition aux risques et de la cohérence du projet professionnel. Un fonctionnement qui garantit que les financements sont mobilisés au service des objectifs de prévention portés par le dispositif.
897 salariés accompagnés en 2025
Pour sa première année de déploiement opérationnel, le volet Reconversion du FIPU a mobilisé plus de 25,3 millions d’euros directement consacrés au financement de 897 reconversions professionnelles préventives.
Le coût moyen d’un parcours s’élève à 30 137 euros. Près des trois quarts de cette somme sont consacrés au maintien de la rémunération pendant la formation, permettant aux bénéficiaires de se former sans interruption de revenus.
Les parcours financés représentent en moyenne 911 heures de formation, soit près de six mois. Les premiers résultats observés sont encourageants : 90 % des bénéficiaires obtiennent la certification préparée et 90 % réalisent leur transition professionnelle six mois après leur sortie de formation.
Des bénéficiaires majoritairement issus des secteurs les plus exposés
Le rapport d’activité 2025 du FIPU Reconversion met en lumière des bénéficiaires principalement issus de métiers soumis à d’importantes contraintes physiques.
Les femmes représentent 65 % des reconversions financées, une réalité directement liée aux secteurs d’origine : la santé et le commerce où les femmes sont surreprésentées et où les contraintes physiques sont nombreuses.
Contrairement à une idée reçue, le FIPU ne s’adresse pas principalement aux salariés proches de la retraite. La tranche des 40-49 ans est la plus représentée. Les 50 ans et plus ne représentent que 22 % des bénéficiaires. C’est là l’un des signaux les plus intéressants de l’étude : le FIPU joue pleinement son rôle de prévention à l’inaptitude.
Les employés constituent la catégorie socioprofessionnelle la plus représentée (561 sur 897 salariés) et 77 % des bénéficiaires ont un niveau de formation équivalent ou inférieur au baccalauréat. Le FIPU touche ici un public qui, historiquement, accède peu à la formation professionnelle : c’est une dimension sociale forte du dispositif.
Enfin, 17 % des bénéficiaires sont reconnus travailleurs handicapés, contre 9 % en moyenne pour l’ensemble des dispositifs de financement. Un écart qui confirme lui aussi le rôle préventif du FIPU : il témoigne de la capacité du FIPU à atteindre des salariés en situation de fragilité, avant que celle-ci ne se traduise par une rupture avec l’emploi
Métier d’origine, métier visé : quels enseignements ?
Les métiers du commerce (195 salariés) et de la santé (144 salariés) sont les principaux secteurs d’origine des salariés reconvertis via le FIPU. Des secteurs où les manutentions, les ports de charges ou certaines contraintes posturales sont particulièrement fréquents.
À l’arrivée, ce sont les métiers du support à l’entreprise qui s’imposent comme la destination la plus plébiscitée : secrétariat, assistanat, comptabilité, développement informatique. Des fonctions non exposées aux risques ergonomiques, accessibles par des formations certifiantes, et offrant de réelles perspectives d’emploi.
Un réseau d’acteurs mobilisés dans les territoires
Pour déployer le dispositif dès sa première année, le réseau Transitions Pro – Certif Pro a structuré un véritable maillage territorial, en lien avec les acteurs de terrain dans chaque région. Les partenariats se sont multipliés avec les services de prévention et de santé au travail, les Caisses d’assurance retraite et de la santé au travail (CARSAT) et les opérateurs du Conseil en évolution professionnelle.
Cette mobilisation collective constitue un levier essentiel pour permettre aux salariés exposés de connaître le dispositif et d’y accéder.
Vers un changement d’échelle en 2026 ?
Pour 2026, plusieurs chantiers sont identifiés : améliorer la répartition territoriale des financements, renforcer les coopérations avec les employeurs et poursuivre la montée en charge du dispositif.
L’ambition reste la même : permettre à davantage de salariés confrontés à l’usure professionnelle de construire une nouvelle trajectoire avant qu’une situation de fragilité ne conduise à une rupture durable de parcours.
Téléchargez le premier rapport d’activité national FIPU Reconversion 2025 :
https://www.transitionspro.fr/wp-content/uploads/2026/05/Digital-R.A-2025-FIPU.pdf