Comment se reconvertir dans le métier d’aide-soignant ?

07 12 2022
PTP
Disabled Older Woman and Female Caregiver are Spending Time Together at Home.
Vous avez envie de vous sentir utile et de passer du temps auprès de personnes plus fragiles ? Et si vous deveniez aide-soignant ? C’est l’un des métiers les plus porteurs avec plus de 600 000 créations de postes à pourvoir d’ici 2030 ! Sous l’autorité de l’infirmier, ce professionnel volontaire et empathique s’occupe des malades, veille à leur confort et à leur hygiène, les accompagne dans des activités de soins… Véritable soutien psychologique, il contribue également au bien-être des malades et améliore leur quotidien, que ce soit au sein d’un hôpital, d’une clinique ou d’un centre associatif de santé. Pour vous accompagner dans votre reconversion professionnelle, découvrez notre guide consacré au métier d’aide-soigant. Missions, qualités, formations, financements… On vous dit tout !

Les principales missions de l’aide-soignant

Devenir aide-soignant vous attire. Mais avant de vous lancer dans une reconversion professionnelle qui peut changer votre vie, il est indispensable de connaître les missions quotidiennes attribuées à ce professionnel au service des plus fragiles.

Toilette quotidienne des malades, aide aux repas, suivi des régimes alimentaires, réfection des lits (refaire un lit, qu’il soit occupé ou non), accueil et installation de nouveaux patients… L’aide-soignant, en lien direct avec l’infirmier et les médecins, participe à assurer le suivi des soins : régulièrement, il note ces observations à l’écrit ou informe ses collègues à l’oral afin que les malades puissent être pris en charge de la meilleure des manières. Il peut aussi participer à des séances d’animation ou de rééducation pour les personnes victimes d’un accident ou en perte d’autonomie. Membre essentiel de l’équipe médicale et du monde de la santé, il joue un véritable rôle d’accompagnateur, que ce soit sur le plan physique ou psychique en apportant un soutien psychologique et humain aux malades. L’aide-soignant peut être amené à travailler les soirs, les week-ends et les jours fériés puisqu’une personne fragile a besoin de soins quotidiens.

Bon à savoir : contrairement à l’infirmier, l’aide-soignant ne peut pas administrer des médicaments ni réaliser certains actes médicaux comme l’installation d’une perfusion. Il peut toutefois participer au changement des pansements, effectuer des prélèvements sanguins et mesurer les paramètres vitaux (rythme respiratoire, pression artérielle, etc.).

Le métier aide-soignant s’est considérablement professionnalisé

Aujourd’hui, même si cette profession reste majoritairement féminine (93 % des salariés de la profession sont des femmes), de plus en plus d’hommes sont attirés par ce métier. Pourquoi ? Parce que se sentir utile en prenant soin des autres n’est pas une qualité exclusivement féminine ! En outre, l’âge venant, souvent après 40 ans, l’envie d’aider les autres après des années dans un métier aux préoccupations éloignées du soin à la personne, peut se faire ressentir.

C’est le cas dans ce témoignage…

Ensuite parce que c’est un métier qui s’est considérablement professionnalisé. Gestes techniques, savoir-être, travail en équipe, responsabilités… Pour prendre soin d’une personne fragile il faut d’abord prendre soin de l’aide-soignant en lui permettant d’acquérir les compétences nécessaires et en lui offrant un cadre de travail le plus sécurisé possible. Une approche essentielle quand les soins sont effectués au domicile de la personne fragile, dans un environnement par définition, non professionnel.

L’aide-soignant peut par ailleurs travailler au sein de structures qui demande des compétences professionnelles spécifiques comme en gériatrie, psychiatrie, aux urgences, dans des crèches, des établissements pour personnes âgées, en hôpital privé… Mais aussi dans un centre associatif ou un centre de soins… On compte près de 340 000 aides-soignants en France, dont 200 000 dans les hôpitaux publics.

Les qualités requises pour devenir aide-soignant

Avec de nombreux départs en retraite prévus dans les prochaines années, et le vieillissement de la population française, le métier d’aide-soignant est un métier d’avenir. Si les missions évoquées précédemment vous semblent parfaitement réalisables, découvrez maintenant les qualités essentielles pour envisager une reconversion professionnelle dans le secteur des services à la personne.

  • Avoir une bonne condition physique : au contact des malades ou des personnes âgées, l’aide-soignant doit faire preuve d’une certaine force pour soulever les patients, réaliser leur toilette ou les installer confortablement dans leur chambre. Amené à réaliser des gestes physiques, comme la réfection des lits, il passe la plupart de son temps debout.
  • Avoir le sens de l’organisation : devenir aide-soignant signifie être capable de jongler entre plusieurs missions au fil de la journée. Pour ne pas perdre pied, mieux vaut être polyvalent et organisé afin de prioriser les tâches importantes à effectuer, sans pour autant délaisser les tâches secondaires. Le secret pour ne pas se sentir débordé face aux nombreux défis à relever ? Tenir un planning et prendre des notes régulièrement pour ne rien oublier.
  • Faire preuve d’empathie : la patience, le sens de l’écoute et la bienveillance sont les maîtres-mots pour se lancer dans une reconversion d’aide-soignant. Parce que les patients sont souvent dans des situations qui les fragilisent et les rendent vulnérables, il est important de faire preuve d’attention et de veiller à instaurer une bonne entente. Pour adoucir les angoisses des malades et les aider à retrouver confiance, l’aide-soignant doit être en mesure d’écouter et de comprendre en trouvant les mots justes. Le plus difficile dans ce métier ? Trouver le bon équilibre entre le fait d’être en empathie avec un patient qui traverse des moments difficiles et un trop-plein d’émotions qui peut avoir un impact sur votre santé.
  • Avoir le sens de la communication et l’esprit d’équipe : au fil de sa journée de travail, un aide-soignant échange avec de nombreuses personnes. Patients, collègues, médecins, infirmiers… Il est important de savoir synthétiser et transmettre une information de manière claire et précise. Que ce soit à l’oral ou à l’écrit, les métiers des services à la personne demandent d’avoir le sens de la communication, tout en étant capable de s’adapter au profil et à la personnalité de chaque interlocuteur. Sans oublier qu’il est important de savoir écouter et d’être capable de travailler en équipe ! Même si ce type de métier requiert une certaine autonomie, l’aide-soignant échange régulièrement avec le reste du personnel hospitalier pour assurer le suivi des soins. Les notions de solidarité et de soutien émotionnel sont également présentes, car elles permettent de surmonter des moments difficiles et de travailler dans une ambiance sereine.
  • Rester discret : quand on exerce le métier d’aide-soignant, la confidentialité et le devoir de discrétion sont essentiels. Pas question de divulguer des informations relatives à l’état de santé des patients, ni d’évoquer des opérations médicales. Le respect du secret médical n’est pas à prendre à la légère et les aides-soignants, comme l’ensemble des professionnels de santé, ont des obligations déontologiques.
  • Gérer son stress : d’un côté, il y a la souffrance des patients, et de l’autre, des professionnels qui doivent apprendre à maîtriser leur stress pour préserver leur santé mentale. Afin d’éviter l’épuisement professionnel et une mauvaise qualité de vie au travail, il est essentiel de gérer ses émotions et d’être armé face aux situations difficiles. L’objectif : prendre soin des autres et de soi-même !

Pour en savoir plus sur les compétences attendues, consultez la fiche métier Aide-soignant sur pole-emploi.fr.

La formation pour devenir aide-soignant

Pour devenir aide-soignant dans le cadre d’une reconversion professionnelle, la formation est essentielle. Comme le stipule le nouveau référentiel de la formation aide-soignant défini par l’arrêté du 10 juin 2021, certaines compétences et connaissances sont indispensables pour assurer des activités de soin, de prévention et d’éducation à la santé. Toutefois, des dispenses d’unité de formation peuvent être accordées suivant les diplômes obtenus jusqu’alors, ou selon l’expérience acquise au fil des années. Pour connaitre les blocs de compétences qu’il vous faudrait valider, vous avez la possibilité de faire le point avec votre Conseiller en Évolution Professionnelle, un service gratuit proposé par l’État. À présent, focus sur les différents parcours de formations !

Le Diplôme d’État d’Aide-soignant (DEAS)

Le Diplôme d’État d’aide-soignant vise à former des professionnels capables de s’occuper de l’hygiène des patients, tout en veillant à leur confort et à leur bien-être. Au cours de la formation, les élèves apprennent à :

  • accompagner les personnes privées d’autonomie dans leurs déplacements,
  • entretenir les chambres des patients (changement de la literie et du linge, nettoyage, rangement des chambres, etc.),
  • participer à prodiguer certains soins (changement des pansements, prélèvements non stériles, lavage oculaire, etc.),
  • mesurer des paramètres vitaux (saturation d’oxygène, pression artérielle, température, rythme respiratoire, mensurations, etc.),
  • observer et analyser le comportement des patients,
  • évaluer et si besoin réajuster la qualité des soins.

La formation au DEAS est ouverte à tous les candidats âgés de 17 ans minimum, sans limite d’âge et l’admission s’effectue sur dossier et entretien : pour mettre toutes les chances de votre côté, il est important de montrer votre intérêt pour le domaine de l’accompagnement et l’aide à la personne. Vous devez également mettre en valeur vos qualités humaines, vos aptitudes en matière de communication et votre capacité organisationnelle.

La durée d’une formation pour devenir aide-soignant ?

Le DEAS se prépare en 1 an (soit 1 540 heures) au sein d’un institut ou d’un centre de formation en lien avec un hôpital. À noter qu’il est nécessaire de passer un concours d’entrée (épreuves écrites en lien avec le domaine sanitaire, social et oral d’admission) avant d’intégrer la formation. Toutefois, il est possible d’être dispensé des épreuves écrites à condition d’être titulaire d’un bac ou diplôme équivalent, ou titulaire d’un titre ou d’un diplôme du secteur sanitaire ou social reconnu au niveau CAP. Les candidats ayant suivi une 1ère année d’études d’infirmier, ainsi que les candidats titulaires d’un diplôme obtenu à l’étranger mais permettant l’accès aux études universitaires de ce pays, ne sont pas soumis à l’obligation de passer les épreuves écrites.

Bon à savoir : composée d’enseignements théoriques et pratiques, la formation aide-soignant peut être effectuée de manière discontinue pendant une durée de 2 ans maximum. Aujourd’hui, on répertorie 478 instituts de formation d’aide-soignant en France.

Des dispenses autorisées selon vos diplômes

Les candidats pour une reconversion d’aide-soignant, que ce soit à 25, 30 ou 40 ans, peuvent bénéficier d’équivalences de compétences et d’un allègement de la formation. Sont notamment concernés :

  • les auxiliaires de puériculture,
  • les ambulanciers,
  • les assistants de vie aux familles,
  • les accompagnants éducatifs et sociaux,
  • les aides médico-psychologiques,
  • les assistants de régulation médicale.

Il est également possible de décrocher le Diplôme d’État d’aide-soignant via une Validation des Acquis de l’Expérience (VAE). Pour cela, il est indispensable de justifier d’au moins une année d’expérience en lien direct avec la certification visée, ou 3 années d’expérience dans le milieu médical.

Financement de la formation d’aide-soignant

Est-ce que Pôle Emploi peut financer ma formation ? Est-ce que la formation d’aide-soignant est payante ? Comment faire une demande de financement lorsque l’on souhaite se reconvertir à 40 ans et plus ? Toutes ces questions, les personnes qui souhaitent décrocher le DEAS sont amenées à se les poser. Pour vous aider à y voir plus clair, voici un petit récapitulatif des financements possibles :

  • Si vous êtes demandeur d’emploi inscrit à Pôle Emploi depuis au moins 3 mois, et que votre projet de formation est validé, vous pouvez bénéficier du financement de votre formation aide-soignant. Par ailleurs, vous pouvez profiter de l’aide au retour à l’emploi formation (AREF) ainsi que de l’aide aux frais associés à la formation (AFAF) sous certaines conditions.
  • Si vous êtes salarié, plusieurs options s’offrent à vous pour financer votre reconversion professionnelle :
  • soit votre employeur peut prendre en charge une partie du financement. Dans ce cas, prenez directement rendez-vous avec votre service RH pour en savoir plus.
  • soit vous mobilisez votre compte personnel de formation (CPF) via la plateforme gouv.fr suivant le montant de vos droits.
  • soit vous bénéficiez du PTP (Projet de Transition Professionnelle), ancien CIF (congé individuel de formation). Destiné aux salariés du privé, ce dispositif permet de s’absenter de son poste de travail afin de suivre une formation (jusqu’à 24 mois) pour se reconvertir dans un nouveau métier. Avec le PTP, le coût de la formation est pris en charge et votre salaire est maintenu.

Dernière option pour financer votre formation d’aide-soignant : opter pour un contrat d’apprentissage ou de professionnalisation. Selon votre profil (en reconversion professionnelle ou demandeur d’emploi) et votre âge, vous avez la possibilité de vous immerger dans votre futur métier en alternant des périodes d’enseignement théorique en institut de formation et des périodes pratiques dans un centre médical. Pris en charge, ce type de formation dépend de la formation initiale pour le contrat d’apprentissage et de la formation continue en ce qui concerne le contrat de professionnalisation.

Bon à savoir : la rémunération du contrat de professionnalisation pour un demandeur d’emploi de 26 ans et plus est équivalent au moins au SMIC ou à 85 % de la rémunération minimale conventionnelle ordinaire.

Enfin, si vous souhaitez être accompagné dans vos démarches pour devenir aide-soignant, vous pouvez :

  • réaliser un bilan de compétences pour faire le point sur vos acquis et vos aptitudes mobilisables et transférables dans le secteur médico-social,
  • bénéficier de l’accompagnement gratuit d’un CEP (Conseil en évolution professionnelle) et profiter de conseils personnalisés afin d’établir un projet d’évolution de carrière vers une reconversion,
  • faire financer votre reconversion professionnelle par Transitions Pro.